Toutes les actualités CM 2022

Coupe du monde. Olivier Giroud avec les Bleus, une histoire de France…

Incroyable destin que celui d’Olivier Giroud, auteur à 36 ans d’un doublé avec l’équipe de France face à l’Australie (4-1), qui le propulse à hauteur de Thierry Henry comme meilleur buteur de l’histoire de la sélection. La trajectoire de Giroud a beau avoir été déjà maintes fois racontée, la France, qui l’adore, ne s’en lasse pas. Elle attend la suite du chapitre qui s’écrit au Qatar, le plus improbable d’entre tous.

Olivier Giroud, c’est l’histoire du « prolétaire » qui devient prince. Le genre de conte que la France adore, et qui nourrit sa culture populaire. Mardi soir, la cote d’Olivier Giroud a encore fait un bond supplémentaire dans l’opinion. « Olivier ? Ah oui ces derniers temps il est adoré, pourtant il y en a beaucoup qui l’ont critiqué ! », avait lâché Didier Deschamps, dans un sourire, la veille du match contre l’Australie.

C’est surtout le sélectionneur, et pas les journalistes, qui avait décidé de l’écarter après l’Euro, une compétition où il avait traîné son spleen, incapable de digérer le retour inattendu de Benzema. Mais voilà, expulsez Giroud par la porte, il reviendra toujours par la fenêtre. Et cette énième renaissance, il la savoure encore plus que les autres.

Son émotion lors de la célébration de son doublé face à l’Australie valait tous les grands discours. « Depuis ma première reconvocation en mars dernier, j’avais à cœur de montrer que j’étais à 200 % avec l’équipe de France, a-t-il soumis dans la zone mixte du stade Al-Janoub. En tant que compétiteur, on est forcément plus heureux sur le terrain, mais ce qui compte, c’est notre cohésion. Et si je peux apporter ma pierre, tant mieux. C’était un moment important, où il fallait être présent. »

Il l’a été, dans son style aux antipodes de celui (Benzema) dont le destin avec les Bleus est en miroir inversé. « La blessure de Karim lui ouvre les portes, mais il a tellement bossé qu’il le mérite… Il fait partie de ces gens qui attirent le bonheur, sourit René Girard, son ancien coach à Montpellier. L’équipe de France, c’est un peu comme sa carrière finalement : Grenoble, Istres, Tours, Montpellier, puis des gros clubs… C’est calculé, il a avancé sans trop se tromper. Et il a marqué partout, ce qui montre sa force de caractère. »

« Titi, attention j’arrive ! »

Brillant avec Milan avant le Qatar, Giroud est peut-être même dans la forme de sa vie, à 36 ans. Le record d’Henry, il le guette depuis tellement longtemps. Il est sur le point de le dépasser, même si Mbappé le détrônera, plus tard.

51 buts en 115 sélections (même timing que Henry), sans jamais être passé par les équipes nationales de jeunes, avec une première cape à 25 ans… « C’est une grande fierté et un honneur d’être à côté de Titi après ces onze années. Je mesure tout le chemin parcouru. Est-ce que j’ai un message pour lui ? On aime bien se chambrer, Titi attention j’arrive ! »

La comparaison Henry/Giroud n’a pas de sens, vu les différences de profil, ou le nombre de matches qui a explosé en vingt ans. Henry a laissé une trace indélébile. Giroud en laissera une autre, différente.

En Coupe du monde, avant l’Australie, il n’avait marqué que face à la Suisse, en poule du Mondial 2014. Sur ses 51 buts, peu ont compté dans des matches couperet de phase finale internationale, et on continuera à lui faire la remarque.

Le Qatar est sûrement la dernière opportunité pour franchir ce cap ultime. « Ce constat est vrai, complète Girard, mais les 51, ils n’arrivent pas tous seuls, et d’autres buteurs ont aussi marqué beaucoup dans des matches amicaux. C’est quand même phénoménal, vu d’où il vient. Il y aura toujours des détracteurs. Il n’a pas le talent d’un Dembélé par exemple, mais à l’arrivée, je sais qui est le plus efficace ! » Le fabuleux destin d’Olivier Giroud continue de se tourner à Doha, en Mondiovision.